Extraite du rapport de la CIASEP-BSCM
par Hervé Giaume, président de la CIASEP-BSCM
En juin 2021, accompagnée de coachs laïcs, la congrégation des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (BSCM) a engagé un premier travail interne de relecture d’une histoire douloureuse de plus de quarante ans, marquée par des abus, des blessures et diverses dérives.
En 2023, une démarche analogue a été menée entre la gouvernance des BSCM et une quinzaine de sœurs ayant quitté l’Institut depuis plusieurs années.
En mai 2023, un communiqué de presse a exprimé la reconnaissance et la demande de pardon au nom de la congrégation. Il évoquait ensuite la volonté partagée de faire toute la lumière sur ces événements et de solliciter la création d’une commission indépendante et pluridisciplinaire, afin de permettre à l’Institut d’identifier, de comprendre et d’analyser l’ensemble des dérives survenues, ainsi que d’envisager les modalités d’une juste réparation.
Après une année de recherche de la personne la plus adaptée pour cette mission, la prieure générale des BSCM m’a sollicité en août 2024 pour créer, organiser et présider cette commission.
À ce jour, il s’agit de la première initiative officielle d’une congrégation religieuse visant à instituer une commission indépendante chargée de faire la vérité sur son passé.
Après réflexion devant l’importance de l’enjeu et l’ampleur de la mission, et bien que ne connaissant pas les BSCM, je l’ai acceptée avec les impératifs suivants
Ces conditions ont été acceptées sans réserve par la prieure générale, puis validées par le conseil général des BSCM, avant d’être communiquées à l’ensemble des prieures locales.
Afin de garantir l’indépendance de la commission, tous ses membres ont exercé leur mission à titre entièrement bénévole et aucun d’entre eux n’avait eu, auparavant, à traiter directement de sujets concernant les BSCM.
Je souhaite les remercier très chaleureusement, toutes et tous, pour leur investissement personnel pendant près de dix-huit mois, alors qu’ils étaient encore en activité professionnelle ou engagés dans une retraite déjà très active. Ils ont consacré de nombreux week-ends et jours de congé à répondre à cet appel, rendant possible ce travail exigeant de recherche de vérité.
Une confidentialité stricte a été requise, tant pour les modalités de recueil et de traitement des informations que pour toute communication. Chaque membre a, dès son entrée dans la commission, signé une charte de confidentialité.
La composition de la commission a intégré la pluridisciplinarité requise et a permis de réunir des personnes expérimentées dans les domaines nécessaires : écoute, juridique, canonique, historique, théologique, médical, audit.
La mission confiée à cette commission indépendante n’avait rien d’ordinaire : il ne s’agissait pas seulement d’examiner le fonctionnement, la gestion ou les dysfonctionne-6ments, mais aussi d’étudier et d’analyser en profondeur ce qui fait la vie d’une congrégation et son fondement. En d’autres termes, la commission avait pour tâche d’explorer la dimension la plus intime de la vie religieuse au sein des BSCM.
Conscient de la confiance personnelle que chaque sœur plaçait en elle, chacun des membres (écoutants, canoniste, juriste, théologien, auditeur, médecin, historien, président…) a travaillé avec un sens aigu de leur responsabilité. Il convient ici de remercier vivement toutes les sœurs des BSCM, ainsi que celles qui ont quitté l’Institut, d’avoir répondu à l’appel à témoigner et accepté de rencontrer un binôme d’écoutants.
La commission savait que ces entretiens risquaient de raviver des souvenirs douloureux, mais que c’était le prix à payer pour que la vérité puisse émerger. Pour nombre de sœurs, le fait d’avoir pu parler, d’avoir été écoutées sans jugement et d’avoir disposé du temps nécessaire a constitué une étape importante pour se libérer du poids du silence porté depuis de nombreuses années. La commission a cherché à contribuer à un travail de vérité, sans pour autant prétendre détenir la vérité, et moins encore l’exhaustivité de la vérité sur les violences spirituelles, psychologiques et physiques survenues au sein des BSCM. Elle a eu pour objectif d’établir les faits de la manière la plus complète et impartiale possible et de les examiner, tant quantitativement que qualitativement, à partir de plus de cent cinquante entretiens et de l’analyse d’un très grand nombre de documents. En aucun cas, la commission ne s’est substituée à la justice ; sa responsabilité était d’aller au plus profond des faits et de rendre compte, sans détour, des résultats de son travail et de ses réflexions.
Il est probable que les conclusions de la commission indépendante ne répondront pas à l’ensemble des attentes de toutes les personnes concernées. Toutefois, il importe de rappeler que son rôle n’était pas d’être la caisse de résonnance de telle ou telle des parties, mais de discerner, avec le plus de justesse possible, de ce qui s’est passé hier et de ce qu’il en est aujourd’hui.
La commission a souhaité, dès l’ouverture de ses travaux, clarifier certaines définitions, en particulier celles d’abus spirituel et d’emprise psychologique, afin de mieux classer les faits rapportés dans les verbatims. Ce travail s’est révélé délicat, nombre de situations relevant simultanément de l’abus spirituel, de l’emprise psychologique, de l’abus de pouvoir ou encore du culte de la personnalité.
Sur la base de définitions précises pour chaque type d’abus, ce classement et leur quantification ont été menés de manière scientifique, méthodique et structurée, en s’appuyant sur une approche la plus rigoureuse possible plutôt que sur de simples ressentis. La commission a également tenu à rappeler les conséquences juridiques et canoniques des actes commis.
Si la majorité des faits survenus au sein de la congrégation relève aujourd’hui de la prescription, il convient toutefois de souligner qu’au regard des évolutions récentes de la législation civile, la quasi-totalité de ces faits serait désormais pénalement répréhensible s’ils venaient à se reproduire.
La commission ne prétend pas non plus formuler des préconisations miracles, mais propose des recommandations concrètes, parfois novatrices, fondées sur l’écoute et l’analyse. Elles visent à permettre un retour durable à une vie ordinaire apaisée et à instaurer des conditions propres à éviter la répétition de tels faits, afin d’assurer la pérennité de la congrégation et le bien-être des sœurs qui la composent.
Plusieurs de ces recommandations ont, de fait, une portée plus générale. D’autres congrégations engagées dans une réflexion sur leur fonctionnement pourraient utilement les examiner et, le cas échéant, se les approprier.
Malgré la préparation matérielle et psychologique des personnes ayant assuré le travail essentiel d’écoute et d’analyse, nul n’est sorti indemne de l’intensité émotionnelle et de la gravité des témoignages reçus. Après un temps de consultation individuelle, elles ont cependant toutes exprimé le souhait de poursuivre ce travail d’analyse et de synthèse, par respect pour l’ensemble des sœurs des BSCM, y compris celles qui ont quitté l’Institut. Il convient ici de souligner la qualité de leur écoute, la rigueur de leur analyse et la clarté de leur synthèse, qui ont rendu possible la rédaction du présent rapport. Leur engagement professionnel, leur humanité dans les rencontres et leur disponibilité constante, offerte de manière désintéressée pendant ces dix-huit mois de mission, méritent une profonde reconnaissance.
La commission s’est rendue compte qu’au-delà de sa mission de recueil des témoignages, ce travail a permis à de nombreuses sœurs et d’anciennes sœurs de sortir d’un long silence et de se libérer, au moins en partie, d’un fardeau devenu, pour beaucoup, trop lourd à porter.
La commission a été profondément touchée par la profondeur des vocations dela plupart des sœurs rencontrées. Il importe donc non pas de les fragiliser, mais de créer les conditions pour qu’elles puissent s’affermir dans un environnement sain et sécurisé.
De l’examen de près de cinquante années de vie de la congrégation, il ressort qu’aucun avenir n’est possible sans ce travail de vérité et que les travaux de la commission ne sauraient être une simple occasion de « tourner la page » pour passer à autre chose. Les thèmes évoqués spontanément par les sœurs lors des entretiens se retrouvent dans les commentaires libres du questionnaire. La très grande majorité des sœurs des BSCM se montre lucide sur les maux anciens de la congrégation comme sur ceux qui demeurent, et partage la conviction qu’il est nécessaire de poursuivre cette démarche pour sortir durablement de ces dysfonctionnements.
Il est enfin indispensable de mettre en place un suivi régulier des mesures décidées afin de garantir leur pérennité.
L’avenir ne peut se construire sur le déni ou l’enfouissement de ces réalités douloureuses, mais sur leur reconnaissance officielle, la mise en œuvre de mesures correctives pour éviter la poursuite de réflexes dysfonctionnels et l’instauration de garde-fous impliquant un regard extérieur. Continuer à sortir de « l’entre-soi » est devenu indispensable.
Dans l’exercice de l’autorité comme dans la manière de percevoir certains faits «comme avant », il subsiste parfois un sentiment de méfiance, voire de paranoïa. Ces réflexes ne disparaissent pas du jour au lendemain : ils exigent du temps, de la volonté et un rappel constant à des pratiques ajustées. Un équilibre délicat est nécessaire entre correction fraternelle, patience, compréhension et acceptation, car rien ne se transforme d’un simple « coup de baguette magique ».
Il peut arriver que surgisse une surréaction face à un réflexe dysfonctionnel. Il ne s’agit pas d’une réaction violente, mais souvent d’un mécanisme d’autoprotection face à ce qui est vécu comme un possible retour aux errements passés. Apprendre à accueillir ses propres réactions suppose un travail sur soi et un accompagnement personnel.
Chacune a été, à des degrés divers, victime, puis amenée à reproduire les schémas appris lorsqu’elle a exercé des responsabilités. Certaines ont été plus directement actrices, en raison de leur proximité avec la prieure générale ou de la pression permanente qu’elles subissaient. Sans porter de jugement, ce que la commission s’est interdit de faire, il apparaît clairement que ces circonstances atténuent leur responsabilité, sans toutefois l’effacer totalement.
La reconnaissance des souffrances des religieuses au sein des BSCM, dans leur corps comme dans leur âme, ne suffira sans doute pas. Pour beaucoup, il sera essentiel de formuler des demandes personnelles de pardon ; pour d’autres, d’accueillir réellement ces demandes, qu’il s’agisse des sœurs demeurées au sein des BSCM ou de celles qui ont quitté l’Institut. Toute personne, au sein ou en dehors des BSCM, ayant contribué à ces dérives, par action ou par omission, doit accueillir sa part de responsabilité. C’est l’une des conditions souhaitable, voire indispensable, pour permettre à chacune de se reconstruire, ou d’engager un chemin de reconstruction conduisant à une véritable paix intérieure.
Une corde rompue ne permet pas de poursuivre en sécurité un chemin escarpé en montagne ; une corde réparée le rend à nouveau possible, même si l’épissure demeure visible. Sans oublier, il devient possible d’avancer ensemble, avec une confiance restaurée et entretenue.
Le constat de la commission fait apparaître qu’à partir des années 1970, s’est progressivement instaurée une emprise de la mère supérieure sur les sœurs, fondée sur leur isolement vis-à-vis de leur famille, de l’Église – présentée comme suspecte – et, entre elles, par un système de surveillance, de silence imposé et de délation. La congrégation s’est ainsi progressivement refermée sur elle-même, comme si rien ne devait exister en dehors d’elle.
Ces dérives, rapidement devenues systémiques au sein des BSCM pour la majorité des sœurs, se sont traduites par une dépersonnalisation et une dépossession de soi, une manière de penser à la place de la sœur et pour la sœur, une suractivité destinée à empêcher toute prise de recul, ainsi qu’une soumission médicamenteuse pour les plus récalcitrantes ou les plus éprouvées. L’emprise psychologique a pris la forme de manipulations, de décisions arbitraires, de violences verbales, parfois physiques, suivies de rapprochements qui brouillaient encore davantage les repères.
Ce mode de gouvernement, exercé directement par la mère supérieure pendant près de trente-six ans, puis relayé pendant quatorze ans par des personnes interposées, sous influence ou consentantes, correspond, selon les témoignages recueillis, à des traits de personnalité pouvant évoquer une structure de type « pervers narcissique ».
L’analyse des questionnaires entièrement confidentiels et des entretiens menés, eux aussi sous le sceau de la confidentialité, avec les binômes d’écoutants, a permis une parole réellement libre. Des changements importants ont été engagés depuis 2014, fortement amplifiés depuis 2020, même s’il y a encore du chemin à parcourir et une réflexion approfondie à conduire sur plusieurs axes, en particulier organisationnel et théologique. Les « plis » pris ou imposés depuis près de 50 ans restent, pour partie, difficiles à effacer.
Par ailleurs, malgré les nombreux dysfonctionnements passés mis en lumière, la commission tient à souligner tout ce qui a été, et demeure pour beaucoup, source de fécondité : vie de prière authentique, formation solide, vie fraternelle, engagement apostolique au service de sanctuaires. Il est important pour les sœurs de pouvoir en être fières et de reconnaître qu’il y a eu aussi du bon dans leur histoire personnelle, qu’elles aient quitté l’Institut ou qu’elles soient restées au sein des BSCM.
Il ressort que la Congrégation des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre a retrouvé aujourd’hui un fonctionnement normal mais encore fragile. Elle doit regrouper ses forces, ce qui suppose d’envisager la fermeture d’un ou deux prieurés (notamment celui de Notre-Dame de l’Épine), car le maintien de communautés à moins de 5 religieuse dans un sanctuaire apparaît de plus en plus difficilement vivable.
Il lui revient également de poursuivre un travail théologique, en particulier autour de la règle de saint Benoît, et de veiller à un juste équilibre entre vie monastique contemplative et engagements apostoliques. L’accompagnement psychologique et spirituel de chaque sœur doit être maintenu et renforcé, de même que la formation au management des sœurs en responsabilité de gouvernance.
Enfin, il est essentiel de restaurer la confiance : confiance entre les personnes, confiance dans les instances de gouvernance locales et centrales, et confiance renouvelée dans l’Église.
En outre, il sera nécessaire de réfléchir dès à présent aux modalités d’accueil à Béthanie des sœurs aînées devenues dépendantes, sans mettre en difficulté les sœurs plus jeunes qui les accompagnent. L’analyse de la pyramide des âges montre que, dans les 5 prochaines années, se posera inévitablement la question de l’accueil d’une quinzaine de sœurs âgées supplémentaires ; attendre passivement cette échéance serait une attitude irresponsable.
Cette réorganisation ne pourra se faire qu’au prix de séparations difficiles, mais indispensables, et qui devront s’accompagner d’un véritable soutien humain et spirituel. Il conviendra également de s’interroger sur l’avenir de Béthanie, lieu marqué par de nombreux souvenirs douloureux, où « les murs parlent encore de l’histoire tragique des BSCM », selon les termes de la visite canonique de 2021. Il en va, à terme, de la survie même de la congrégation.
L’action positive des sœurs qui ont quitté la congrégation mérite d’être reconnue. Désormais, elles doivent savoir qu’elles peuvent se consacrer pleinement à leur propre vie personnelle et laisser la congrégation poursuivre son chemin de reconstruction, accompagnée et contrôlée par son entourage (l’Église, les amis, la CIASEP-BSCM).
Il convient de souligner en particulier l’action déterminante de Roseline de Romanet menée au moment de quitter les BSCM en 2004, puis de ses parents, Luc et Anne-Marie de Romanet à partir de 2011. Malgré les difficultés rencontrées, et avec l’appui de plusieurs prêtres et évêques, leurs démarches ont contribué à faire évoluer la situation jusqu’à ce qu’elle est aujourd’hui. Leur réputation a été injustement entachée par la gouvernance de l’époque des BSCM. La commission tient à rétablir officiellement la vérité et à rendre hommage à leurs actions décisives au service de la lumière.
Si l’action de la famille Romanet a été essentielle, il ne faut pas oublier que d’autres sœurs se sont également engagées dans une forme de résistance, pour leur propre survie comme pour celle de leurs sœurs.
La convalescence et la poursuite de la renaissance de la congrégation devront emprunter plusieurs chemins.
Le premier consiste à une reconnaissance officielle, par l’Église, des dérives passées qu’elle n’a pas vues, ou pas voulu voir, à l’instar de certains prêtres, recteurs ou enseignants. Ceux-ci ont certes assuré une formation de qualité, mais ne pouvaient ignorer totalement les dysfonctionnements, tant ils ont été en contact régulier avec les sœurs (postulantes, novices) ou invités à la table du « prieuré de l’unité » à Blaru en dehors du prieuré Béthanie. Quelques-uns, qui ont exprimé leur étonnement ou leurs interrogations auprès de leur hiérarchie, n’ont manifestement pas été entendus.
Cette reconnaissance passe également par le Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique (DISVCSVA) qui aurait pu, et même dû, exercer davantage son rôle de sentinelle, ne serait-ce qu’à partir des dossiers reçus. Une maîtresse des novices encore professe temporaire, une prieure générale à peine âgée de trente ans, ou encore une prieure générale demeurant douze ans assistante générale (ou conseillère particulière) après un « règne » de trente ans, constituent autant de signaux d’alerte qui auraient dû être pris en considération.
Il est évident que le nombre de congrégations existant dans le monde rend cette mission de contrôle particulièrement exigeante. Cependant, lorsque ce rôle ne peut être pleinement assuré, il devrait être possible de le déléguer officiellement, notamment à l’ordinaire du lieu.
La reconnaissance implique, bien évidemment, le diocèse de Paris qui, à plusieurs reprises, n’a pas exercé pleinement son rôle de vigilance d’ordinaire à l’égard de cette congrégation, notamment lors de la tenue des élections au cours des chapitres généraux.
Conformément au mandat confié à la CIASEP‑BSCM, la commission estime que le chemin devra nécessairement se poursuivre par une réflexion approfondie sur une juste réparation.
Cette réparation peut prendre la forme de plusieurs actions complémentaires, que la commission évalue au nombre de sept.
En premier lieu, la reconnaissance officielle des abus subis pendant plus de 40 ans, notamment par la publication du rapport de la commission en libre accès sur le site de la CIASEP-BSCM.
Sans rien négliger pour s’acquitter correctement de son mandat, la commission a abordé la rédaction de ce travail de manière collective et avec la plus grande humilité. Conformément au mandat reçu, elle a achevé sa mission par la formulation de 58 préconisations, d’importance variable, qui s’adressent aux BSCM et à leur gouvernance, à l’ordinaire du lieu, chargé de facto du contrôle de second niveau, ainsi qu’au dicastère, responsable in fine de l’application des règles canoniques et des constitutions de toute congrégation religieuse.
Beaucoup a déjà été engagé depuis 2014. Pour autant, ces recommandations sont décisives pour consolider le retour à une situation plus normale et pour prendre les mesures nécessaires à la pérennité de la congrégation en tant que communauté bénédictine.
La congrégation apparaît de nouveau sûre : il appartient désormais à l’Église (dicastère, évêques, congrégation) de s’approprier ce rapport, de le mettre en œuvre et de poursuivre la mission de vigilance de l’ordinaire du lieu, afin de restaurer la confiance interne et, plus largement, celle des personnes qui se sentent aujourd’hui appelées à la vie religieuse.
Consciente des enjeux, la commission propose de revenir dans un délai de 18 à 24mois dans chacun des prieurés pour évaluer l’état d’avancement de la mise en œuvre de ces préconisations et de publier, le cas échéant, un rapport complémentaire à ce sujet.
Compte tenu de l’expérience acquise au cours de ces 18 mois de mission, la commission propose enfin aux congrégations qui souhaiteraient la création d’une commission indépendante, d’offrir à son futur président une information détaillée et pratique sur les différentes étapes de la vie d’une telle instance (mandat, mise en place, fonctionnement, analyse et synthèse du rapport).
Je ne voudrais pas terminer cette présentation générale sans renouveler ma profonde gratitude aux membres de la commission indépendante dont l’engagement a permis de mener à bien cette mission si importante, à la gouvernance des BSCM pour l’accès sans restriction à toutes les archives en sa possession et pour son soutien matériel. Une reconnaissance particulière va aussi aux sœurs demeurées au sein des BSCM comme à celles qui ont quitté la congrégation, pour la confiance avec laquelle elles ont confié leur histoire personnelle. Ce rapport leur est d’abord destiné : il constitue la première reconnaissance officielle de ce qu’elles ont subi.
Notre souhait est de n’avoir en rien trahi leurs témoignages ; si toutefois certaines se sont senties blessées par des questions ou des formulations, qu’elles trouvent ici notre demande de pardon la plus sincère.